GUATEMALA – La vie d’une école sur la décharge publique

GUATEMALA – La vie d’une école sur la décharge publique

Il y a plus de 30 ans, les sœurs de La Providence ont créé une école de soutien scolaire sur la décharge publique (trou géant qui est une immense poubelle) de la capitale Guatemala City. Au départ, elles réunissaient les enfants sur une bâche, puis dans une cour, et enfin dans un garage.

Aujourd’hui, elles ont une école en dur. Elle a été construite par une association de personnes de Guatemala City. Cette association assure l’entretien du bâtiment. Quant aux sœurs, elles doivent gérer le quotidien, payer les enseignants et trouver les ressources pour la mission éducative.

La fierté de l’école est que certains anciens ont maintenant de belles professions et qu’ils vivent de leurs propres revenus. Certains n’hésitent pas à venir donner un coup de main !

L’esprit de l’origine s’est maintenu au fil des années.

Les objectifs demeurent :

  • Accueillir sur la décharge elle-même : l’école a été construite sur place pour que les enfants n’aient aucune difficulté à venir.
  • Offrir aux enfants défavorisés à cause de leurs conditions de vie et de leur environnement un espace organisé et ouvert toute la journée et ainsi les aider à reprendre leurs cours, poser leurs questions, intégrer l’enseignement reçu. Le système scolaire est bien loin de l’univers de leur vie quotidienne.
  • Favoriser la socialisation par des espaces de jeux, rencontres, ouvertures culturelles. Chaque année, plusieurs sorties permettent aux enfants et aux mamans de découvrir la beauté et la richesse culturelle de ce magnifique pays.
  • Permettre aux mamans de se rencontrer, de se parler. Pour cela, un atelier créatif a été ouvert. Il fonctionne avec des récupérations de l’immense poubelle. Par exemple : de magnifiques sacs à main avec les bouchons des canettes de bière, coca, etc.

Cette année 2021, 140 enfants fréquentent quotidiennement l’école « Niño Esperanza ». Ils viennent le matin ou l’après-midi en fonction de leurs heures de scolarité.

Leurs conditions de vie sont encore plus défavorables avec la pandémie. Beaucoup de personnes sont tombées malades du COVID par le tri des ordures. Or, c’est leur gagne-pain.

Depuis le début de la pandémie, sœurs, enfants et jeunes ont fait une expérience renouvelée de la solidarité. Ils l’ont encore davantage développée en s’entraidant les uns et les autres. Ils ont aussi bénéficié de la solidarité des amis de La Providence et des multiples relations de la communauté. L’école a reçu fournitures scolaires, alimentation. C’était très bon et très important, car beaucoup de parents ont perdu leur travail. Ils ne peuvent plus payer les études des enfants, si bien que leur scolarité est en danger.

Pour éviter au maximum la contamination, déjà tellement présente dans le milieu, les sœurs ont organisé la reprise des cours par groupes de 10 ce qui nécessiterait plus de personnel. C’est pourquoi l’entraide des enfants a été si importante cette année.

Il y a un besoin URGENT de bourses pour que les enfants et les jeunes puissent continuer leurs études. C’est très important car sans scolarité impossible de payer le salaire des maîtresses. Elles sont 4. Le financement des salaires est un cauchemar pour les sœurs !

HONDURAS – Un cabinet de physiothérapie pas comme les autres

HONDURAS – Un cabinet de physiothérapie pas comme les autres

Depuis 4 ans, une sœur développe avec bonheur et compétence son art de physiothérapeute. Elle accueille toute personne qui nécessite ses soins. Son but est de permettre à tous de bénéficier de ce type de prise en charge et d’offrir un espace d’écoute et de dialogue. Que les gens puissent payer ou pas n’est pas son critère de choix des patients.

Chacun donne ce qu’il peut. La qualité des soins est identique pour tous ! Pas de discrimination.

Ce modeste et chaleureux cabinet est ouvert le weekend en dehors des heures de travail à l’hôpital. Les sœurs l’ont ouvert, parce qu’il leur permet de grandir dans leur autonomie financière vis-à-vis de l’Europe, ce qui est très bon ! Mais elles ont encore besoin d’un petit coup de pouce pour l’achat de matériel adapté aux soins prodigués. Par exemple, l’huile essentielle est inabordable là-bas !

HONDURAS – Le jardin d’enfants du village « Madre María José »

HONDURAS – Le jardin d’enfants du village « Madre María José »

Après l’ouragan MITCH de 1998, les sœurs ont travaillé avec courage et ténacité pendant une bonne quinzaine d’année à la construction d’un village « Madre María José » pour des personnes qui avaient perdu leurs maisons et tous leurs biens pendant ce cyclone dévastateur. Elles ont contribué à l’achat du terrain puis à la construction de 90 maisons.

Dans ce village, elles ont aussi construit un jardin d’enfants pour permettre aux tout-petits d’être scolarisés sur place et contribuer ainsi à leur développement moteur, culturel et social. Depuis quelques années, des enfants de colonies limitrophes bénéficient aussi de ce jardin d’enfants. Ils sont une vingtaine. La plus grande difficulté : trouver le financement pour payer le salaire des maîtresses (1 équivalent temps plein ½). Les parents des enfants ont très peu de revenus ou même pas du tout. Ils participent au ménage, au goûter, aux sorties récréatives, ce qui est bon !

Des nouvelles au 20 janvier 2021 :

Toute l’année a été particulièrement éprouvante. Depuis le 13 mars 2020, le pays est dans un grand confinement. Les enfants n’ont toujours pas repris le chemin du jardin d’enfants. Tout l’enseignement est donné par les moyens de communication numérique. C’est ce que demande l’État hondurien pour tous les niveaux : du jardin d’enfants à l’université.

Comment faire face à cette situation avec des petits ?

Les deux enseignantes ont créé avec les parents un groupe WhatsApp sur lequel elles envoient des vidéos et des exercices. Le but est de permettre aux parents d’aider les enfants dans les divers apprentissages.

Mais il y a une grande difficulté : tous n’ont pas accès à ces moyens de communication. Alors, une des maîtresses prépare sur papier, photocopie et distribue les documents puisque les enfants vivent à proximité du « Kinder » dans la colonie Madre María José ou très près de cette dernière. Les deux enseignantes demeurent disponibles pour aider les parents par téléphone.

Cette situation est vraiment très inconfortable pour les petits qui ont tellement besoin de présence, d’attention, de délicatesse quotidienne pour épanouir leurs richesses naissantes et apprendre à vivre avec d’autres dans la joie et la paix. Les enfants aspirent aussi à venir chanter et danser à l’école.

Les parents aussi ont besoin d’être réconfortés. Ils disent ne pas avoir la patience des enseignantes ! Cette situation a rapproché enseignantes et parents. Ces derniers ont davantage pris conscience de la difficulté de transmettre, d’enseigner, d’éduquer. Ils se demandent comment font les enseignantes avec 25 enfants, alors qu’eux n’en ont qu’un.

Les enseignantes et les sœurs de La Providence sont émerveillées du résultat : 23 enfants sur 25 ont terminé l’année scolaire en décembre 2020 et tous ont réussi les petits examens de contrôle. Bravo ! Reste une inquiétude : l’année 2021 se vivra-t-elle en présentiel ou à distance ? Nul doute que tous et toutes préféreraient un « abrazo fuerte (accolade) » à l’isolement contraint.

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